carcasse preoccupations

Comment se libérer de ses contrariétés.

 

Souvent, nous ressassons nos contrariétés.

Le mental tourne en boucle, encore et encore …

Puis, las de cette torture mentale, nous décidons de cesser d’y penser.

Nous nous lançons alors dans une occupation quelconque, ou nous ouvrons le frigo ...

Se changer les idées est la stratégie préférée du mental pour évacuer les problèmes.

Est-ce que ça marche réellement ?

Si nous regardons cela de près, nous observerons qu’il s’agit, en réalité, de refouler la préoccupation en espérant des jours meilleurs.

Ainsi, nous accumulons dans l’inconscient des cycles d’actions non-résolus qui mobilisent notre attention en sourdine, ce qui à long terme complique la situation.

Parfois, nous réalisons qu’il vaudrait peut-être mieux regarder les choses en face.

Nous changeons donc de stratégie et recherchons une personne disponible, auprès de laquelle nous espérons trouver une aide et un soutien. Nous lui confions nos préoccupations et celle-ci nous dispensent alors des conseils et des recommandations, parfois des critiques déguisées en conseils.

Par la suite, nous tentons de mettre en pratique les conseils qui nous ont parus judicieux, et souvent, nous nous apercevons que nous n’y parvenons pas.

À nouveau le mental ressasse …

Que se passe t-il en réalité ?

Examinons ce qu’est une préoccupation en prenant un exemple totalement fictif :

Vous vous baladez tranquillement en forêt, et au bout d’une petite heure, vous réalisez que vous n’avez noté aucun repaire pour le retour.

Vous vous retournez, tous les arbres se ressemblent. Immédiatement, un sentiment d’angoisse vous saisit, puis le mental crée l’idée : "ça va mal se terminer". L’angoisse réapparaît et le mental intervient à nouveau en combattant l’émotion, par exemple, il se met à juger : espèce d’idiot, pourquoi tu t’es mis dans cette situation ? Mais l’angoisse reprend un peu plus forte et le mental crée une troisième idée du genre : "je vais crever de froid cette nuit". Nouvelle angoisse accompagnée de peur.

Ça y est, la boucle infernale est enclenchée !

Le mental, obsédé par son but qui est de survivre, en réponse à l’émotion, crée une quatrième idée : mais pourquoi n’ais-je pas pris une boussole ? Et cette fois, une peur panique s’empare de vous. Débordé, le mental qui tente toujours de survivre, crée maintenant des idées dans un désordre de plus en plus grand.

Le délire n’est pas loin.

Qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ?

Tout allait bien, et brusquement un imprévu est tombé du ciel …   ou de l’enfer, peu importe !

La réaction première a été : une émotion d’angoisse.

Puis la machinerie mentale a essayé d’enrayer l’émotion en utilisant des idées et des concepts basés sur le même type d’’émotion ressentie par le passé dans des situations présentant des similitudes.

Par exemple, des vacances avec papa maman en montagne. Le petit enfant s’est éloigné de ses parents et papa, ne voyant plus son fils est pris d’une forte angoisse. Il contourne la colline et aperçoit son rejeton qui ramasse des pâquerettes. En colère, il attrape son fils par la culotte en criant : espèce d’idiot, heureusement que moi, j’ai une boussole dans la tête !

À l’âge de 5 ou 6 ans, les informations des grandes personnes, surtout quand elles proviennent de papa ou de maman, sont intégrées par les enfants comme une éponge absorbe les tâches. Dorénavant, l’angoisse du père est devenue celle de l’enfant qui compte sur papa, puisque lui est idiot, pour ne pas oublier la boussole : il a dit heureusement que lui en a une.

Imaginons 3 ou 4 autres situations autour de l’angoisse et nous comprenons pourquoi le mental qui cherche à ne plus ressentir cette angoisse, s’empare des idées qu’il a captées dans ces moments-là.

Il a pris les conclusions du passé en calculant qu’elles seraient adaptables à la situation présente.

Ce n’est pas très malin !

Et pourtant, le mental est capable de performances remarquables.

Le langage, les mathématiques, la chirurgie, les sciences, etc …   ets …   etc …

Pourquoi le mental dérape-t-il ainsi de temps en temps ?

C’est probablement un héritage provenant du règne animal. Nous sommes au bout de la chaine et notre mental conserve encore des stratégies utilisées par les animaux, du type excitation-réflexe. N’oublions pas que les différentes régions du cerveau retrace l’évolution depuis les reptiles jusqu’aux mammifères. Bien que la conscience ne soit pas le produit du cerveau comme le pense certain, la matière grise est une interface entre la conscience, l’âme et le corps. À ce titre, les intentions de la conscience sont parasitées par les résidus traumatiques enregistrés dans les cellules, exactement comme un brouillage de radio.

Ainsi, nous distinguons 2 types de mental.

Le mental conscient qui envoie les intentions de la conscience au cerveau, aux cellules et à l’environnement.

Le mental inconscient qui oppose les informations enregistrées dans les cellules à celles qui proviennent de la conscience.

Alors, comment aurions nous pu agir efficacement ?

Nous réalisons que nous sommes égarés au milieu des bois.

Un sentiment d’angoisse nous envahit.

Le mental inconscient entre en scène.

Stop !!! …

Revenons au sentiment d’angoisse, et ressentons …   ressentons …   ressentons généreusement, sans retenue cette angoisse. Ressentons encore sans jugement, complètement, y compris tout ce qui peut surgir avec cette angoisse.

Peut-être entendrons-nous papa qui est en colère. OK ! Ressentons sa colère sans jugement, jusqu’à ce qu’elle s’apaise. Peut-être sentirons-nous l’angoisse de papa qui conseille d’avoir une boussole. Peut-être ressentirons-nous encore plein d’autres choses. OK ! Prenons tout ça et ressentons ...

Si nous surmontons le sentiment de rejet face à l’angoisse qui monte, (et il suffit de ressentir ce rejet sans jugement de la même façon que l’angoisse ou toute autre ressenti), si nous plongeons dans cette angoisse pour en finir avec elle une bonne fois pour toute (en tenant la partie inconsciente du mental à l’écart, ça n’est pas sa compétence, il se mêle de ce qui ne le regarde pas), alors l’angoisse va s’apaiser en douceur et disparaitre.

Une prise de conscience peut alors se produire. Le parasitage émotionnel étant éliminé, les informations sensées de la conscience arrivent.

Elles sont libératrices et inspirantes.

Et elles créent instantanément la solution :

Nous sommes perdus au milieu des bois en parfaite sérénité et un garde forestier nous interpelle.

       Dites-donc, mon vieux, savez-vous qu’il est interdit de se promener par ici ! C’est la propriété privée des châtelains !

D’un côté, nous sommes rassurés, mais le ton désagréable du garde nous a vexés.

Bon, nous avons encore un peu de mise au point à faire.

Le mental nous conseillera de bouder le garde, ne l’écoutons pas, il n’y connait rien.

Il suffit de procéder de même qu’au dessus : ressentons cette vexation sans jugement, peut-être regretterons-nous que le garde ne nous ait pas accueilli mieux. OK ! Ressentons ce regret sans jugement …   (prenons toujours les émotions, surtout pas les pensées, le mental est vicieux, il se cache derrière les pensées en nous faisant croire que c’est des émotions).

Ainsi de suite jusqu’à libération !

Comme par miracle, spontanément, le garde s’excusera d’avoir été un peu frustre. Nous répondrons alors :

       Bien au contraire, je suis tellement heureux de vous rencontrer, figurez-vous que j’étais perdu, vous m’avez tiré d’un mauvais pas.

Avez-vous expérimenté ce genre de choses ?